335 morts de plus sur les routes des vacances

Le ministre de l’intérieur, M. Bernard Cazeneuve, avait annoncé à l’avance que le bilan de la sécurité routière pour le mois d’août serait mauvais. Et, en effet, le nombre de morts sur les routes est en hausse de 9,5 % par rapport à celui du mois d’août 2016. 335 personnes anéanties qui viennent s’ajouter aux 360 cadavres du mois de juillet. Ainsi se confirme, mois après mois, la débâcle de la politique de sécurité routière, amorcée en 2014 avec la première hausse du nombre de victimes depuis dix ans. Une débâcle que les pouvoirs publics semblent pour le moment impuissants à endiguer.

Il faut cesser de mettre en cause la météo ou l’afflux des vacanciers. Pendant qu’on ergote sur des facteurs conjoncturels, le carnage continue. Ses causes profondes sont connues : le relâchement du comportement des conducteurs apparait depuis plus d’un an dans toutes les statistiques. Conduite sans permis, en état d’ivresse ou sous l’emprise de la drogue, excès de vitesse, délit de fuite : voilà ce qu’il faut combattre au lieu de scruter les nuages.

Le conseil interministériel annoncé pour le 2 octobre doit être l’occasion d’une réponse forte qui signifie à tous les conducteurs délinquants qu’ils seront plus souvent contrôlés et plus durement sanctionnés. Je propose, pour ma part, que, pour toute infraction grave, le véhicule utilisé fasse l’objet d’une rétention administrative et soit mis en fourrière. Une sanction immédiate, automatique qui est plus dissuasive que l’attente d’une convocation tardive chez le procureur et d’une éventuelle peine avec sursis.

Au-delà de la nécessaire répression des conducteurs irresponsables, nous ne parviendrons à rien si nous ne réussissons pas à mobiliser notre société contre un fléau qui fait chaque jour près de 10 morts et 100 blessés graves promis au handicap à vie. Commençons par inscrire le respect de l’autre sur la route dans les nouveaux cours d’instruction civique. Faisons du permis comme du brevet de sécurité routière de vraies épreuves de responsabilité en confrontant les candidats aux conséquences de l’accident, à la parole des victimes. Imposons aux industriels de l’automobile d’associer un message de prévention à leurs publicités, à l’instar de ce qui se fait dans la lutte contre l’obésité. Rappelons à tous qu’à coté de ces belles images de compteurs en délire, de voitures lancées à pleine vitesse dans des routes en lacets toujours désertes, il y a celles des carrosseries éventrées par les chocs, des corps mutilés, des vies à jamais brisées.

Je désespère aujourd’hui des responsables politiques qui, en se taisant pour des raisons électorales, se font les complices du massacre. J’en appelle donc à ceux qui exercent un devoir de vigilance, aux personnalités de la société civile, aux artistes, aux stars. Qu’ils se mobilisent, qu’ils se manifestent sur les réseaux sociaux, dans les médias pour dénoncer ce drame trop quotidien, trop proche de nous et trop meurtrier .

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Une réponse à 335 morts de plus sur les routes des vacances

  1. malignat dit :

    Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec le fait que les comportements des conducteurs y sont pour beaucoup.
    Les conducteurs qui respectent le code de la route sont mêmes agressés.

    Pourquoi ne pas obliger tous les détenteurs du permis de conduire d’effectuer un stage de 2 heures par exemple tous les 5 ou 10 ans au moins avec un moniteur auto école pour faire le point.

    Cordialement.
    Cécile Malignat.

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