Le sort des accidentés de Cuba

Quarante et un touristes français occupaient le car accidenté la nuit dernière à Cuba. Je pense bien sûr à la souffrance, au désarroi des vingt personnes blessées, dont certaines très gravement. L’épreuve est encore plus brutale quand on est loin de ses proches, dans un pays dont on ne maîtrise pas la langue. Mais je pense aussi à l’angoisse de ces familles normandes qui ont le plus grand mal à savoir si leur père ou leur mère se trouve parmi les victimes et quel est leur état de santé. Pour savoir la détresse particulière qui s’empare de tous ceux qui sont confrontés à cette situation, je souhaite que le gouvernement français mette tout en œuvre pour informer les familles et rapatrier le plus vite possible les blessés.

Les accidents de ce type ne sont , hélas, pas rare. Depuis vingt ans que je défends les victimes de la route, j’ai connu dans mon cabinet bien des dossiers où un voyage de groupe, une excursion plus ou moins programmée tourne soudain au drame. Même les organisateurs de voyage les plus chevronnés ne contrôlent pas toujours la compétence de leur sous-traitant à l’étranger, la fiabilité des cars qu’ils utilisent et encore moins l’état de fatigue des chauffeurs qui les conduisent.

Au cauchemar vécu sur place, s’ajoute dès le retour en France la complexité de l’indemnisation. Les victimes ne savent plus vers qui se tourner pour faire valoir leur droits, obtenir les premières aides que nécessitent, par exemple, des blessures graves. On n’est plus dans l’univers rassurant de la communauté européenne où les conventions internationales entre assureurs règlent les litiges. J’ai vu arriver dans mon cabinet des familles complètement égarées, sans nouvelles de vagues et incompréhensibles procédures à l’étranger ou perdues dans d’interminables conflits juridiques entre agences de voyages, sous traitant et assureurs.

Il existe pourtant une voie nationale et efficace pour faire valoir ses droits dès lors que l’accident à l’étranger est lié à une infraction, ce qui semble bien être le cas dans la collision de Cuba quelque soit le résultat de l’enquête sur les responsabilités des uns et des autres. Il convient en effet de saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infraction (CIVI) compétente pour obtenir l’indemnisation intégrale de ses préjudices selon la loi française et des provisions sur cette indemnisation si la situation le justifie.

Pour que le recours à la CIVI soit possible et rapide, il faut surtout rassembler les documents probants sur l’accident, la présence de la victime et les premières constations médicales auprès des autorités cubaines, par l’entremise de la représentation consulaire française et par celle de l’organisateur du voyage. Ces démarches font gagner beaucoup de temps aux victimes. Sur cet aspect là aussi, j’ai bon espoir que les victimes de l’accident de Cuba ne soient pas laissées à l’abandon. L’ampleur du drame, le nombre de blessés ont, semble-t-il, entraîné une forte mobilisation des pouvoirs publics, ce qui n’est pas toujours le cas pour les victimes d’accidents à l’étranger.

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