Peut-on laisser la mort gagner sur la route ?

Entre 2002 et 2012, la France a réussi à diviser par deux le nombre de victimes sur ses routes. Ce résultat, spectaculaire par son ampleur et sa rapidité, a été salué et commenté dans le monde entier. Un peu partout, on s’inspire de la politique menée à l’initiative de Jacques Chirac. On multiplie les radars automatiques et les contrôles. La Communauté Européenne veut, d’ici 2020, un nouveau sursaut pour faire encore reculer le malheur. L’Angleterre, la Suède, les Pays Bas, l’Espagne rêvent d’éradiquer totalement la mort sur la route.
En France pourtant, cette logique de vie s’est subitement tarie. La sécurité routière n’est plus une priorité dans les têtes. La drogue, l’alcool, la vitesse reprennent le volant. La moindre annonce sur de nouveaux radars ou sur des contrôles renforcés soulève des vagues de protestations. Des spécialistes auto-proclamés viennent affirmer dans les médias que le chiffre de 3.000 morts par an constitue un plancher indépassable. Des associations se constituent pour défendre les pauvres automobilistes persécutés. Elles menacent les élus de faire payer dans les urnes, chaque radar installé. Les pouvoirs publics, tétanisés par les échéances électorales, renoncent aux mesures qu’on expérimente ailleurs. Depuis 2012, la mort reprend ses droits et le nombre de victimes augmente chaque mois.
Et chaque jour, mon cabinet se remplit à nouveau de familles dévastées en quelques secondes par l’irresponsabilité, de jeunes gens condamnés à vie au fauteuil et à l’exclusion. Je ne peux pas m’y résoudre. Je ne peux pas accepter la démission paradoxale de ce pays.
Je comprends que les temps sont difficiles et que chaque contrainte nouvelle vient renforcer les exaspérations. Je sais qu’il n’est jamais agréable d’être contrôlé, flashé, mis à l’amende. Je peux même admettre qu’on tienne à sa petite liberté de conducteur, qu’on ne veuille pas la sacrifier, même pour 3500 tués et 20.000 blessés graves. Les drames de la route sont trop dilués, trop quotidiens pour frapper l’opinion. Ils n’ont pas le même impact émotionnel qu’une catastrophe ou un attentat.
Faut-il pour autant se résigner à laisser la mort gagner la partie ? Si l’émotion ne peut nous rassembler, peut-on parler cyniquement de notre intérêt commun ? Les accidents de la circulation coûtent très cher à notre pays. Les études des assureurs ont chiffré depuis longtemps le prix d’une vie humaine anéantie sur le bitume : 1.250.000 euros. Et plus de 132.000 euros pour chaque blessé hospitalisé. Si on s’en tient à ces chiffres, la note approcherait déjà les 10 milliards d’euros par an.
C’est beaucoup par temps de crise, de disettes des finances publiques et c’est sans doute totalement sous estimé. Car, au flux comptable des indemnisations, des frais médicaux, des arrêts de travail, il faut ajouter la multitude des conséquences indirectes peu documentées. Il faut chiffrer les dépressions des proches, les disparitions de ces commerces, de ces PME frappée par l’incapacité soudaine de leur pilier. Il ne faut pas oublier que les drames de la route frappe en priorité de très jeunes gens, qu’ils vident ainsi un pays de son sang neuf, de ses promesses.
Depuis dix ans de nouvelles études micro-économiques se sont concentrés sur le sort de ces jeunes victimes, de ces familles percutées par le handicap. Toutes disent la même chose : les ravages sont durables et difficilement réversibles. Les carrières des victimes comme de leurs proches sont profondément affectées, le chômage s’installe.
Ces nouvelles études on conduit à estimer aujourd’hui l’impact global des accidents de la route en France à 40 milliards d’euros par an. Et les données internationales valident cette estimation. L’insécurité routière coûte en moyenne, chaque année, 1 % de leur PIB aux pays en voie de développement et 1,5 % à 2 % aux pays développés. A-t-on vraiment les moyens de s’y résigner ? Peut-on continuer à prétendre que le plancher de 3.000 morts par an est infranchissable ? Va-t-on continuer à payer la sacro-sainte liberté du conducteur au prix fort, au prix du sang ?
Le malheur des autres peut nous laisser indifférent quand on imagine qu’il n’arrive qu’aux autres. La menace directe et chiffrée sur notre bien être collectif aura peut être des vertus plus pédagogiques sur les acteurs économiques et politiques. Je ne peux m’empêcher d’espérer qu’au vu de ces chiffres effrayants, la bataille contre la mort sur la route prenne un nouveau tournant. Je rêve que les compagnies d’assurances dépassent un jour la seule logique comptable d’adaptation des primes au niveau du risque. Je rêve que les industriels de l’automobile ne gaspillent plus des milliards à vanter des bolides surpuissants, qu’ils consacrent ces investissements à renforcer la sécurité des véhicules sans en augmenter le coût. Je rêve que les responsables de tous les partis prennent une position claire sur cet enjeu crucial pour le bien commun. Je rêve qu’un consensus soit trouvé pour retrouver une logique de la vie.
Je rêve que la France redevienne la patrie exemplaire de la sécurité routière ;

Share
Ce contenu a été publié dans Accidents de la route. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Peut-on laisser la mort gagner sur la route ?

  1. En France, la sécurité routière n’est malheureusement un priorité que quand les chiffres sont mauvais. Un politique d’anticipation serait bien plus pérenne qu’une politique de réaction.

  2. Dos Santos dit :

    Chère madame,
    je vous prie de trouver ci-dessous la lettre que j’ai adressé par mèl à l’ensemble des députés et sénateurs depusi un mois environ (cela m’a pris un mois d’envoyer des emails aux plus de 500 députés et je ne sais combien de sénateurs et je dois encore corriger un certain nombre d’erreurs dans des adresses). Quelques remarques :

    cette lettre est personnelle et ne reflète que mon propre point de vue, toutefois, si son contenu et ses orientations vous conviennent partiellement ou totalement, je donne toute latitude pour la faire suivre, s’en approprier tout ou partie du contenu à quile souhaitera

    j’ai eu pour l’instant 2 réponses de députés (de l’Isère et de l’Orne) et j’attends une troisième réponse (du nord). Sinon silence radio. Element interessant : les deux députés qui ont répondu (je pourrai vous transmettre leur retour) m’ont fait état de pétitions qu’ils ont reçu de conducteurs qui s’insurgent contre la généralisation des radars, pétitions téléchargées sur les sites des associations 40 millions de chauffards et ligue des machinchoses. Ces deux députés ont fait des réponses très semblables ce qui me fait dire que des éléments de langage leurs ont été soufflés par le gouvernement (dans le bon sens : il faut lutter contre les excès de vitesse).

    je suis sidéré par ce faible nombre de retours (liés je pense au caractère sans doute un peu trop accusateur de ma lettre). Je pense toutefois que si ces députés et sénateurs étaient innondés de plus de courriers de citoyens lambda qui en ont marre de risquer leur peau sur les routes, trottoirs et pistes cyclables, ils seraient plus motivés à répondre et à moins considérer avec bienveillance les arguments des chauffards et plus ceux des honnêtes citoyens.

    L’une des caractéristiques des associations de chauffards, c’est de faire le buzz et de menacer de sanctions électorales. Je ne peux que vous inciter à faire de même et peux, maintenant que j’en ai fait la liste, vous communiquer les adresses mels de tous ces élus de la république, si vous le souhaitez et le juger pertinent (et ne les avez pas).

    ————————————————————–
    Mesdames, Messieurs les élus de la République,

    Le 19 avril, à Cestas en Gironde, une mère de famille et ses 2 enfants ont été tués par un chauffard ivre et en excès de vitesse qui les a percutés avec sa voiture ; tous trois ont été écrasés dans leur voiture contre un mur. Cet homme était déjà connu pour de nombreux excès de vitesse et conduite en état d’ivresse.

    Le 21 mai, près de Reims, un homme de 26 ans faisait des pointes à 200 km/h sur autoroute en zigzaguant avec son bolide entre les voitures ; il n’est pas parvenu à passer entre un camion et une voiture, a perdu le contrôle de son véhicule et a entrainé la mort d’un chauffeur de poids-lourd qui a voulu éviter cette voiture folle. Ce chauffeur est mort écrasé dans sa cabine.

    Fin mai à Marseille, un enfant de 11 ans qui traversait sur un passage piéton est mort renversé par un individu au volant d’une voiture qui n’a pas freiné et a pris la fuite.

    Lundi 2 juin, un homme d’environ 80 ans a été renversé par une voiture sur un passage piéton à Narbonne, dans l’Aude. Il n’a pas survécu à ses blessures et le conducteur a pris la fuite laissant la victime sur la chaussée.

    Samedi 4 juin 2016, à l’aube, trois jeunes sont morts sur la départementale 321 en Seine-Maritime, dans une collision avec un poids lourd, en rentrant de discothèque.

    Le 5 juin 2016, dans le Calvados, au niveau de Saint-Vaast-sur-Seulles, sur la route Départementale 6, deux voitures se sont percutées en choc frontal avec un bilan désastreux d’un mort et quatre blessés en urgence absolue.

    Le week-end dernier, près de Boulogne sur mer, dans le Pas-de-Calais, à la suite de la perte de contrôle d’une voiture, l’un des passagers, âgé d’une vingtaine d’années, est décédé et le conducteur a pris la fuite.

    Dans la nuit du 8 juin, vers 23 h, à Bitche, en Moselle, une jeune femme qui rentrait de son travail a perdu le contrôle de son véhicule, une Citroën C3 Picasso, sur la route départementale 962 et est morte.

    Mesdames et messieurs les élus de la République, ce n’est qu’un bref aperçu de la triste réalité qui se déroule en France tous les jours, dans vos villages, villes, campagnes, circonscriptions, cantons : les journaux régionaux du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est de la France regorgent de ce genre d’évènements qui pour vous, force est de constater, sont insignifiants. Sinon comment expliquer votre inaction, votre silence ?

    Regardons la réalité en face : les gens crèvent comme des chiens sur les routes, victimes innocentes du terrorisme routier et vous regardez ailleurs ; vous tournez la tête ; vous vous bouchez les oreilles, vous fermez les yeux et même pire : vous soutenez les chauffards qui se présentent comme des malheureuses victimes parce qu’ils ont été soit disant « flashés à 91 km/h » (alors que 91 km/h retenus sur un PV c’est 96 km/h mesurés par le radar donc plus de 100 km/h au compteur de la voiture) parce que ces pauvres innocents perdent des points sur leur permis et « ne peuvent plus aller travailler ».

    Vous trouvez que j’exagère que le terme de terrorisme routier est trop fort ? Je vous le demande Mesdames et Messieurs les élus : qui cause le plus de victimes innocentes en France en tuant arbitrairement par des comportements choisis et appliqués délibérément : Daesh ou ceux qui décident en toute connaissance de cause de transformer leur véhicule en arme ? Je refuse le terme d’incivilité quand il s’agit de la vie de quelqu’un, d’un innocent qui est en jeu : il s’agit de terrorisme.

    A travers des exemples personnels, je vais vous raconter le quotidien des gens ordinaires qui respectent les lois et les autres sur la route. Je m’appelle Gil Dos Santos, je ne suis qu’un citoyen ordinaire ; j’ai 41 ans et 2 enfants de 4 et 7 ans. Je suis ingénieur, je paye mes impôts silencieusement, je respecte le code de la route bien volontiers car il s’agit pour moi de règles du bien-vivre au quotidien. Je ne fais non plus partie d’aucune association de victimes de la route, ni d’un parti politique.

    Nous sommes un certain nombre qui pensons et agissons de la sorte ; plus nombreux que vous ne semblez le penser. Et si nous commettons une erreur en conduisant – car l’erreur est humaine – nous l’assumons et ne venons pas accuser les autorités, la police, les règles, la chaussée glissante, les radars.

    Voici, au-delà des faits divers cités ci-dessus, le quotidien d’un usager de l’espace public moyen ; voici le quotidien de beaucoup d’entre nous ; voici la principale menace qui pèse sur nos vies tous les jours :

    Mardi dernier je traversais avec mon fils de 4 ans à un passage piéton dans le 19ème arrondissement de Paris, passage piéton clairement signalé sur un plateau surélevé. Une voiture arrivait mais était encore loin quand j’ai entamé la traversé. Cette voiture, comme une grande partie d’entre elles le font partout en France, quand un piéton traverse de façon régulière, a accéléré pour ne pas nous laisser traverser, m’obligeant à m’arrêter avec mon fils pour ne pas être renversés.

    En février dernier, sur la RD531 non loin d’Autrans dans l’Isère, route sinueuse et assez étroite alors que je roulais à allure tout à fait normale, j’ai été en l’espace de 5 minutes doublé par deux véhicules à grande vitesse qui ont franchi pour ce faire une ligne continue. Puis plus loin, j’ai dû freiner pour éviter une collision frontale avec un véhicule arrivant en face et qui avait décidé de doubler avant un virage.

    En mai à Paris, sur un trajet de 500 m pour aller chercher un colis j’ai vu : une moto remontant un trottoir à vive allure qui m’est passé à 10 cm ; 2 scooters qui ont délibérément grillé un feu rouge, à côté d’une voiture qui elle était en train de se garer sur le trottoir étroit.

    Samedi dernier je me rendais à Antony par l’autoroute A86 dans une zone de tunnels limitée à 70 km/h du fait de l’étroitesse des voies et de la bande d’arrêt d’urgence. Moi et plusieurs autres avons été doublés par plusieurs véhicules qui roulaient au moins au double de cette vitesse en se collant les uns aux autres et en zigzaguant.

    En avril, en Dordogne, près de Sarlat, sur une départementale sinueuse, une voiture est arrivée à vive allure et m’a collé pendant plusieurs kilomètres en klaxonnant pour que j’accélère avant de me doubler quand une voiture arrivait en face. Au cours du même séjour à Sarlat, un individu sortant d’un bar en titubant, une bière à la main, est monté dans sa voiture et a démarré en trombe.

    Il y a une semaine sur le boulevard périphérique de Paris, dans une circulation dense sur 4 voies, 2 voitures zigzaguaient entre les voitures car elles se faisaient la course, obligeant les gens à freiner et manquant de créer un carambolage.

    Tous les jours, nous citoyens français, dans tout le pays, devons docilement attendre au passage piéton qu’une voiture daigne s’arrêter pour nous laisser traverser sous peine d’être renversés. Tous les jours je vois des 2 roues motorisés emprunter les pistes cyclables, les double-sens cyclables, les trottoirs. Tous les jours, dans toutes les villes de France, Marseille, Quimper, Clermont-Ferrand, Paris, Bordeaux, etc. des voitures se garent tranquillement et en toute impunité sur les trottoirs obligeant les piétons à marcher sur la chaussée.

    Vous pensez que c’est de la paranoïa ? Hélas non, c’est le quotidien du citoyen lambda ; nous sommes nombreux à subir ces comportements au quotidien, nous sommes nombreux à faire attention pour nous et nos proches car du fait de ces comportements, nos vies sont en danger, plus en danger que par le terrorisme islamique.

    Et la colère sourde, silencieuse monte parmi nous, citoyens normaux et respectueux devant ces comportements terroristes et votre inaction, voir votre soutien implicite ou explicite à leurs auteurs. Mesdames et Messieurs les élus de la République, quel exemple montrez-vous, comment pouvez-vous faire comme si de rien n’était, comme si ce sujet était secondaire ?

    Au député qui vient pleurer à l’assemblée nationale en fustigeant le permis à points car il a perdu tous ces points et qui déclare que « quand on n’a pas de chauffeur on perd vite ses points » nous disons : non Monsieur le député, il n’est pas facile de perdre ses points, il suffit de respecter le code de la route, c’est même très très facile : il faut le vouloir et agir en conséquence.

    A cet ex-ministre de l’intérieur –un comble – arrêté par des douaniers à 170 km/h nous disons : vous devriez avoir honte et démissionner de ce pas de vos fonctions électives.

    A ce président de la république roulant à 140 km/h dans le tunnel de La Défense limité à 70 km/h et vu souvent à l’arrière de sa berline sans ceinture de sécurité nous disons : quel exemple donnez-vous aux français ?

    A ce délégué interministériel à la sécurité routière qui publie vite un communiqué destiné à rassurer les pauvres chauffards qui se font prendre en excès de vitesse dans le tunnel de l’A86, communiqué par lequel il indique la pose d’une vingtaine de panneaux signalant les radars nous disons : vive les radars, il n’est pas besoin de panneaux avertisseurs car le respect des règles, c’est partout et tout le temps avec ou sans radars. Pourquoi ne pas aussi avertir les dealers avant de faire des descentes dans les cités ; et pourquoi ne pas envoyer les plans des interventions antiterroristes directement à Daesh en Syrie ? Quel est cette folie, cette forme de pensée déviante, qui fait qu’on estime nécessaire de prévenir le délinquant qu’on va le prendre en flagrant délit ?

    A ce ministre qui décrète l’Etat d’urgence et annonce des renforts de police tout le temps et partout contre le terrorisme islamique, pour sécuriser les fan zones, mais qui reste silencieux devant les drames de la route qu’il n’aborde jamais dans ses allocutions, qui n’est que dans l’effet d’annonce de mesurettes, nous disons : réorientez vos priorités, combattez la première cause de mort violente en France, la délinquance routière, le terroriste routier, il tue plus que le terrorisme islamique.

    A ce sénateur qui a proposé un amendement réduisant le financement des radars tronçons pour 2016 en arguant de leur inefficacité tout en soulignant cyniquement et dans le même discours l’augmentation des morts sur la route, à tous ces sénateurs qui ont voté cette proposition nous disons : quelles études montrent que ces radars sont inefficaces ? Au contraire, quel soulagement d’arriver dans un secteur où tout le monde roule à la même vitesse pendant plusieurs kilomètres, c’est bon pour l’environnement, pour la conduite apaisée, pour la sécurité !

    A tous ces élus, députés, sénateurs, qui défendent et relaient sans vergogne les énormités des associations de chauffards, qui essayent de mettre à mal le permis à point, qui essayent de mettre à mal la politique des radars qui militent pour la suppression des soit disant petits excès de vitesse (le fameux 91 km/h qui est en fait du 100 km/h au compteur) nous disons : ce n’est pas en flattant la bassesse de ces individus que vous serez réélus. Ce n’est pas en misant sur la médiocrité que vous honorez votre mandat.

    Bien au contraire.

    Car aujourd’hui, nous, mesdames et Messieurs les élus de la République,

    Nous qui sommes moqués, montrés du doigt car nous respectons les règles,

    Nous qui sommes ignorés par les élus de la République parce nous ne nous plaignons pas des radars, des règles de vie en commun sur les routes, qui ne vociférons pas des énormités contre les « pompes à fric », le « racket »,

    Nous qui ne proposons pas de pétition menaçant les élus de sanction électorale si les véhicules radar sont confiés au privé,

    Nous qui n’avons aucun problème à rouler à la vitesse réglementaire et qui ne nous faisons pas prendre « pour 1 km/h de trop » ou qui l’assumons si tel est le cas,

    Nous qui ne bloquons pas les routes pour protester contre « le port obligatoire des gants à moto ou le contrôle technique »,

    Nous, citoyens ordinaires, vous disons solennellement aujourd’hui : la colère monte en nous face à votre déni, votre silence, votre soutien aux chauffards et à ceux qui ne respectent pas les règles sur la route, face à ce terrorisme qui menace tous les jours et tue sans vergogne tous les jours, ce terrorisme qui nous oblige à redoubler de précaution pour nous maintenir en vie quand nous sommes à pied, à vélo, en voiture, de jour comme de nuit.

    Alors Mesdames et Messieurs les élus de la République, réagissez, ne regardez pas ailleurs, œuvrez pour ceux qui respectent et pas ceux qui transgressent, cessez de considérer que vous pouvez être élus en flattant la bassesse du peuple ! Réinvestissez-vous pour faire respecter l’état de droit sur les routes, pour lutter contre le terrorisme de la route, pour faire en sorte que les citoyens ordinaires puissent vivre tranquillement et que les chauffards, les terroristes de la route soient punis. Retrouvez le sens des priorités en vous plaçant du côté des citoyens pas des terroristes. Car nous aussi citoyens ordinaires, normaux, votons aux élections.

    Respecteusement,

    Gil Dos Santos

    17 Cours du 7ème Art

    75019 Paris

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

captcha

Please enter the CAPTCHA text

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>