Sur la route, la mort revient

Si la courbe du chômage ne s’infléchit toujours pas, celle des accidents de la route est, hélas, en voie de le faire. Et dans le mauvais sens. Les chiffres publiés par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, pour le mois d’octobre ne sont pas bons : 350 morts soit 42 de plus qu’en octobre 2013, 6.797 blessés, soit 195 de plus.

Dans le brouhaha hystérique de l’actualité, ces chiffres risquent de passer inaperçus. Ils sont pourtant alarmants. Tous les indicateurs sont au rouge : sur les douze derniers mois, le nombre d’accidents corporels (+ 0,8 %), celui des tués (( 2 %) et surtout celui des blessés graves (2,9 %) sont en hausse. Il ne sert à rien de cacher la réalité derrière des explications conjoncturelles : la crise, le prix de l’essence, le beau temps ou que sais-je encore. Des mois de baisse continue ont pu nous laisser croire que le problème de la violence routière était dernière nous. Il n’en est rien. Même si le nombre d’accidents corporels a été divisé par deux en dis ans, sur la route, la mort rôde toujours.

C’est une épreuve terrible pour des milliers de familles, des vies brisées ou amputées pour des dizaines de milliers d’autres. Je côtoie cela depuis vingt ans dans mon cabinet et je ne peux toujours pas me résoudre à cette absurdité. Il faut regarder les chiffres en face, voir que depuis des mois, le malheur frappe en priorité les usagers de la route les plus fragiles. Ceux qui meurent ou demeurent lourdement handicapés , ce sont d’abord ceux qui vont à pied, à vélo , en cyclomoteur. Et ils sont les victimes d’automobilistes irresponsables qui boivent, se droguent, vont trop vite ou envoient des SMS au volant. Des automobilistes qui sont , eux , protégés par leurs ceintures et leurs airbags.

L’amélioration continue de la sécurité passive des voitures a largement contribué à réduire la mortalité des automobilistes. Mais l’augmentation des victimes parmi ceux qui ne sont pas protégés démontre que les mauvais comportements sont de retour. Dans les dossiers qui arrivent sur mon bureau, le cannabis vient maintenant s’ajouter à l’alcoolémie et à l’obsession du téléphone portable quand ce ne sont pas les trois combinés.

La mobilisation policière et judiciaire qui a permis la forte baisse des accidents ces dix dernières années, doit reprendre et répondre énergiquement à ce retour de la délinquance routière. Je sais que la répression n’est pas à la mode ou, plutôt , que certains la conçoivent de manière très sélective. Dès que le gouvernement envisage un renforcement des contrôles ou de la réglementation, les associations d’automobilistes hurlent à l’acharnement, à l’oppression, au martyr. Mais les chiffres sont là et , au delà d’eux, les implacables constats des policiers et gendarmes qui accompagnent, chaque jour, la mort de nos concitoyens.

N’oublions pas cette horreur quotidienne qui ne fait pourtant jamais la une de l’actualité : la route, c’est toujours dix morts par jour, trois blessés graves toutes les heures.

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