Heure d’hiver : économiser les vies ou l’énergie ?

Chaque année, le passage à l’heure d’hiver provoque son lot de polémiques. D’un coté, on déplore les perturbations sur nos délicats métabolismes ou la facilité de nos endormissements. De l’autre, on rappelle les économies d’énergie que cette mesure favorise depuis 1976. J’avoue que jusqu’à présent, les controverses m’avaient peu passionnée et que j’étais bien en peine d’avoir un avis sur la question. Mais voilà qu’on apprend aujourd’hui que l’heure d’hiver est meurtrière ! Et il ne s’agit ni d’une métaphore, ni d’une extrapolation. Selon les chiffres terrifiants que vient de communiquer l’Observatoire interministériel de la sécurité routière, le passage à l’heure d’hiver provoque une augmentation de 5,9 % de nombre d’accidents corporels dans les semaines qui suivent immédiatement son entrée en vigueur annuelle. Surpris par la brusque baisse de luminosité aux heures où ils ont l’habitude de circuler, certains automobilistes sont incapables de s’adapter et d’apercevoir les piétons ou les cyclistes.

Les chiffres sont sans appel : entre 17 heures et 19 heures, au moment des sorties d’école ou des retours du travail, le nombre de victimes de la route augmentent brutalement de 47 % au mois de novembre. La Sécurité Routière a vérifié le phénomène sur les cinq dernières années. Pour les piétons, l’heure d’hiver est particulièrement redoutable : les quatre mois d’octobre à janvier concentre 43% des morts de l’année.

Devant l’évidence du carnage, on peut, comme la Sécurité Routière, vouloir imposer au cycliste des gilets jaune fluo ou demander aux parents d’acheter à leurs enfants des sac à dos à bandes réfléchissantes. On peut aussi se demander pourquoi il a fallu attendre quarante ans pour que ces dramatiques conséquences de l’heure d’hiver soient rendues publiques. Les économies d’énergie sont-elles en France plus importante que la vie humaine ? Pour ma part, la réponse est évidente. Il ne s’agit plus de notre petit confort personnel aux réalités économiques. Je préfère la sécurité de mes petits enfants à la baisse de la facture énergétique. Et j’aimerais bien connaitre les arguments de ceux qui soutiendraient le contraire. Car même si on parvient à oublier la souffrance de toutes ces victimes et de leurs familles, même si on se limite à une approche cyniquement économique, les 59.432 accidents corporels survenus en 2016 sur les routes françaises ont coûté plus de 38 milliards d’euros !

Les chiffres rendus publics par l’Observatoire interministériel de la sécurité routière méritent mieux que le silence gêné qui aujourd’hui les accueille. Ils imposent un débat national sur l’opportunité de maintenir le passage à l’heure d’hiver. J’espère que si le gouvernement est incapable de la comprendre, un de ces nouveaux élus, qu’on dit issus de la société civile, se saisira de l’évènement pour interpeller le Parlement.

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